La pratique connaît un essor fulgurant, pourtant le financement participatif dans le secteur de l’immobilier est encore nouveau et théoriquement risqué.

Un marché qui a presque doublé

Le business autour du crowdfunding immobilier ne faiblit pas. Au contraire, les années bonifient le développement de la pratique. En l’espace de quelques années seulement, ce type de placement financier relativement spécifique connaît une croissance fulgurante. En effet, les données fournies par un professionnel spécialisé dans le financement participatif sont pour le moins éloquentes. Le volume financier injecté s’élevait à 185 millions d’euros en 2018. Comparée à l’année précédente, l’évolution de l’encours a progressé de 83% soit 84 millions d’euros supplémentaires.

Le crowdfunding immobilier semble par conséquent convaincre de plus en plus d’investisseurs. En témoignent les 343 projets concernés par ce processus de financement. Mais en quoi consiste réellement la pratique ? Elle s’assimile à un placement où un investisseur va effectuer un transfert de liquidité en direction d’un promoteur immobilier. Ce dernier va utiliser les fonds reçus afin de financer, via une multitude de participants, la construction d’un habitat, d’un immeuble ou d’un bâtiment voué aux professionnels par exemple. En échange du risque entrepris, l’épargnant bénéficie d’un rendement qui tournait aux alentours des 9% en moyenne en 2018.

Une solution de repli face aux taux rémunérateurs dissuasifs

La tonicité du marché a plusieurs raisons. D’abord, les particuliers n’ont que peu de marge de manœuvre en matière de possibilités de placement. À l’heure actuelle, la grande majorité des produits de placement bénéficie d’une rémunération extrêmement faible. C’est d’autant plus le cas des produits d’épargne bancaires de base qui offrent des taux rémunérateurs négatifs. En effet, ils ne parviennent pas à se situer au-dessus de l’inflation. Et le constat est plus ou moins similaire en ce qui concerne l’épargne financière car les taux sur les assurances-vie en fonds euros, composées d’obligations au risque contenu, devraient encore reculer cette année.

Le crowdfunding immobilier constitue donc une vraie solution de substitue face à la faible attractivité des placements classiques. Attention cependant, ces opérations ne sont pas sans risque. La perte en capitale peut être réelle et irréversible. Les épargnants ont tout intérêt à investir en ayant bien en tête les risques élevés encourus. Même si le taux de défaillance n’est pas préoccupant dans l’immédiat. D’après les professionnels du secteur, 0,67% des projets depuis 2012 se sont révélés préjudiciables pour les investisseurs. Si ces données sont encourageantes, il reste que le marché est encore juvénile et qu’il demande du temps avant de révéler son véritable visage.