C’est un constat que l’on peut dresser à la vue des statistiques publiées ces dernières années : le crédit immobilier chez les séniors est en hausse progressive. L’envie croissante des séniors d’investir dans la pierre, les taux faibles pratiqués ces derniers mois et les nouveautés législatives qui facilitent le changement d’assurance-emprunteur sont des éléments à prendre en compte pour comprendre la raison de cet engouement.

Une hausse des crédits immobiliers accordés aux seniors

Même si, en théorie, aucune banque ne peut refuser un prêt à cause d’un âge trop avancé, il n’était pas toujours facile pour les seniors de trouver des offres de crédit immobilier et d’assurance à des taux intéressants. Depuis quelques années, la tendance s’inverse et la part des emprunteurs de plus de cinquante ans a augmenté de 11% à 17% sur les cinq dernières années.

L’engouement des plus de cinquante ans pour l’achat immobilier peut s’expliquer par plusieurs facteurs, comme l’allongement de la durée de vie, l’allongement de l’âge de départ en retraite, l’augmentation du nombre de divorces ou la volonté d’investir avant la retraite pour se constituer une rente.

Les banques ont bien pris en compte cette hausse de la demande et ont adapté leurs offres pour séduire cette catégorie de la population. Les séniors sont devenues une cible de choix pour elles, conscientes des atouts dont disposent ces emprunteurs : un plus gros pouvoir d’achat, un patrimoine immobilier, le plus souvent, une épargne importante et des charges moins élevées puisque les enfants ont généralement quitté le foyer familial. La souscription d’un prêt de longue durée (15 à 20 ans) est donc tout à fait envisageable pour des quinquagénaires, voire même des sexagénaires.

Une difficulté d’accès au prêt toujours d’actualité

Ces conditions favorables s’appliquent principalement aux seniors les plus aisés, qui n’auront pas de mal à profiter de la conjoncture pour réaliser de belles opérations d’investissement. Actuellement, le taux d’un crédit immobilier sur 15 ans est de 1,20% tandis que la rentabilité moyenne d’une assurance-vie se situe aux alentours de 1,5%. De quoi en profiter pour financer à moindre coût l’achat d’un nouveau bien immobilier.

Cependant, de nombreux seniors rencontrent encore d’importantes difficultés pour souscrire un prêt immobilier. Le premier écueil concerne le passage en retraite : les quinquagénaires actifs souhaitant emprunter doivent prendre en compte la baisse de revenus liée à la retraite (jusqu’à -40%) et son impact direct sur la capacité d’endettement. A noter que certaines banques proposent un crédit à palier, les mensualités diminuant au moment du passage en retraite pour ne pas franchir le seuil des 33% d’endettement.

Enfin, l’assurance décès-invalidité représente souvent un coup très élevé pour les profils seniors car elle prend en compte le risque d’avoir des problèmes de santé. Plus on avance en âge et plus ce risque est important. A tel point que, bien souvent, le coût du crédit couplé au prix de l’assurance dépasse le taux d’usure légal, ce qui empêche certains seniors d’emprunter.

Des alternatives au schéma classique du crédit immobilier

Certaines alternatives existent tout de même pour aider les seniors à obtenir un prêt bancaire.

Une première option à envisager concerne le rachat de crédits. En regroupant les mensualités de leurs différents crédits, les seniors allongent la durée de leur prêt, certes, mais n’ont plus qu’une seule mensualité réduite, ce qui leur permet bien souvent de retrouver de la capacité d’endettement et de se lancer dans de nouveaux projets immobiliers.

Certains seniors préfèrent également se tourner vers la vente en viager lorsqu’ils sont détenteurs d’un patrimoine immobilier. Ce faisant, ils perçoivent, en une seule fois, un pourcentage de la valeur de leur bien immobilier et touchent une rente jusqu’à leur décès. Ils continuent de vivre dans leur logement mais n’en sont plus propriétaires. Ce type d’opération leur permet de récupérer des fonds et de pouvoir financer un autre projet.