L’année 2018 devrait se clore sur un bilan relativement mitigé pour le parc de logements neufs. Les professionnels du secteur du bâtiment signalent un net recul du nombre de permis de construire accordés et de mises en chantier sur les 3 derniers mois. Une tendance peu reluisante qui devrait se poursuivre pour l’année 2019.

Une activité en berne à tempérer

Le secteur du bâtiment souffre d’un ralentissement visible en ce qui concerne les logements neufs. Le nombre de constructions est en train de s’effondrer comparé aux statistiques de l’année précédente. Un constat particulièrement palpable entre juillet et septembre 2018. En effet, le nombre de permis de construire a diminué de 10,2% sur cette période. Et les professionnels sont bien moins sollicités avec une baisse de 7,9% du nombre de mises en chantier pour les constructions ayant déjà reçu une autorisation.

Les experts estiment par conséquent que l’activité devrait régresser avec 410 000 mises en chantier pour l’ensemble de l’année 2018. Il faut dire que 2017 fut une année exceptionnelle avec pas moins de 430 000 mises en chantier. Mais la situation ne s’avère pas si catastrophique, puisque les chiffres attendus resteront supérieurs à la moyenne depuis 2001, qui se situe à 396 000 par an. Et l’écart est d’autant plus important dès lors que l’on creuse la temporalité. En effet, la moyenne tombe à 360 000 mises en chantier en remontant jusqu’en 1980.

Un bilan positif mais des perspectives futures mitigées

La baisse de l’activité doit de ce fait être remise dans son contexte. Elle n’est pas encore la cible d’un problème systémique pour le secteur. Surtout que les professionnels devraient parvenir à compenser la diminution de logements neufs par des chantiers annexes. C’est notamment le cas des constructions de bâtiments administratifs qui sont plus élevées du fait des élections municipales à venir. Et le secteur de la rénovation jouit d’une croissance relativement faible mais bien présente avec +1,2% par rapport à 2017. Au total, les professionnels estiment que le secteur devrait connaître une croissance de 2,5% en 2018.

Cependant, certaines décisions gouvernementales devraient assombrir sur le tableau. Le secteur craint un impact négatif  de la probable suppression du PTZ en zone rurale, un dispositif qui permet d’améliorer les conditions d’accès au financement. En outre, les HLM sont soumis à une baisse des loyers qui détériore leurs résultats et qui fragilise les perspectives économiques. Si les emplois sont pour l’instant solides, l’horizon 2020 pourrait réserver d’éventuelles suppressions.