Alors que l’événement était attendu depuis le début l’année, les taux d’intérêt n’augmenteront finalement pas en 2019.

La BCE continue de diriger la barre dans la même direction

Pas de bouleversement à venir pour les taux d’intérêt du crédit immobilier. Ces derniers ont atteint, lors des mois précédents, des paliers historiquement bas. Un mouvement lancé depuis plusieurs années afin de soutenir la croissance dans les pays européens. Une nouvelle qui va cependant en contradiction avec les intentions originelles de la BCE. En effet, celle-ci avait annoncé à la fin d’année de 2018 son plan de procéder à la remontée des taux au début de 2019, avant de repousser l’échéance aux environs de juin puis de finalement la planifier pour 2020.

Mais pourquoi la BCE prend donc-t-elle une décision de la sorte ? Concrètement, il s’agit en premier lieu de continuer à inciter les ménages à s’endetter pour consommer. Les pays tirent en partie leur croissance par la consommation. Une relève des taux pourrait nuire à l’accessibilité de l’emprunt, freiner les projets des ménages et conduire à une baisse de cet indicateur. Surtout que l’immobilier est le premier facteur de dépenses au sein de la population française.

Des offres de crédit toujours plus accessibles

La politique monétaire menée par l’autorité de supervision des banques européennes reste de ce fait accommodante. Les ménages vont encore pouvoir emprunter avec un coût du crédit intéressant. Mais cette nouvelle ne fait pas forcément les affaires des établissements bancaires. S’ils bénéficient de l’attractivité de l’emprunt et d’un nombre de demandes élevé, leur rentabilité est néanmoins mise à l’épreuve. Les taux bas menacent effectivement la marge générée par les banques avec le prêt à l’habitat. D’autant qu’elles prennent des risques considérables en accordant certains dossiers et qu’elles ne sont pas à l’abri d’un manque de solvabilité de leurs clients.

Toutefois, le crédit immobilier reste un produit d’appel extrêmement stratégique qui optimise les chances de pérenniser la relation bancaire dans un secteur où la clientèle est versatile. Pas étonnant donc que les prêteurs assouplissent leurs conditions d’emprunt en accordant notamment des prêts plus longs à rembourser. Si l’évolution des prix sur le marché de l’immobilier est en partie responsable de cet allongement, les besoins de fidélisation et de production d’encours des banques le sont également. Cette tendance est visible sur la durée moyenne des prêts proche des 230 mois en février, d'après l'Observatoire crédit logement, un niveau jamais atteint auparavant.